Ils partent tous à Londres, Edimbourg ou sur la côte. Mais certains sont plus innovants - certains partent en Belgique!
Direction Werchter, petite bourgade de 3000 habitants à quelques kilomètres de Bruxelles, côté flamand. Chaque année et pour quatre jours, sa population connait une augmentation singulière : c’est 250.000 werchteriens improvisés qui atterrissent dans ce no-man’s-land pour poser tentes et bagages.
Beaucoup sont flamands - entendez, grands, blonds, minces et parlant anglais comme des vrais. D’autres sont venus de beaucoup plus loin, il faut dire que le jeu en vaut la chandelle
Nous partons donc, les six copains romanais, le 1er juillet pour être sans faute au rendez-vous du 3. Trois par voiture, un chauffeur, un co-pilote et un qui dort derrière, un vrai road movie. Il fait beau, on en compterait presque les kilomètres qui nous séparent déjà de la maison.
La première nuit est un avant-goût de la suite, dans un petit camping près de Vesoul, tenu par des néerlandais.

Le second jour, nous passons par le Luxembourg, puis la Belgique. Les autoroutes y sont gratuites mais pourries, un mal pour un bien?
Arrivés à Bruxelles, un doute nous envahit - l’itinéraire ne prévoit pas de passage dans la capitale même. Pas grave, nous disons-nous, il suffit de suivre les panneaux. Nous nous arrêtons prendre de l’essence aperçue pas chère (tout est relatif) à l’entrée de la ville. Pieds nus et entendant parler français, je demande à une cliente si les gens parlent français. Elle éclate de rire, Bruxelles est une ville peuplée très majoritairement de wallons. Je repars vexée - c’était pas drôle ici tout est sous-titré! Malie quant à elle revient ébahie - “le gars de la boutique m’a dit, ça fait trente-huit euros septante sept, j’ai rien compris, j’ai tendu ma carte!”.
Vient alors le moment que retourner sur le bon chemin. Problème, pas de panneau. Pas le moindre, nul part. Ce n’est qu’après avoir longuement consulter un plan affiché dans une rue que nous retrouvons la sortie de ce dédale. C’est pourtant une petite ville.
Le plan était ensuite de trouver un camping pour être frais et dispos pour le festi le lendemain. C’est donc sûre de moi que je vais me renseigner auprès d’une barmaid (en anglais et brillamment, évidemment). Elle nous indique une vague direction, c’est pas gagné. Suivant ses indications, nous arrivons à Werchter. Sympa la flamande mais les campings n’ouvrent que le lendemain matin. De plus, le camping sauvage est interdit.
Qu’à cela ne tienne, nous trouvons un emplacement à côté d’une petite route un peu à l’écart du village et nous installons.

-oui Mélinda a le regard oblique et j’ai un Bourriquet sur la tête -
La soirée se passe ainsi tranquillement, entre dessins graveleux (”Hm tu te touches en tailleur toi?”), cacahouétes au Nut et peur de la Politie. Venue l’heure de dormir se pose un problème, tente oupa? Finalement, trop fatigués, nous nous écroulons dans les voitures pour dormir. Heureusement, ce sera notre unique nuit passée ainsi.
Le lendemain, l’excitation est à son comble, les campings ouvrent. Nous faisant pounaid jusqu’à l’os et parce que nous étions dans les premiers arrivés, nous sommes dirigés vers le parking le plus éloigné. Le voyage sera long et pénible pour transporter nos bagages vers notre nouveau campement. Détresse de courte durée cependant, car le festival peut désormais commencer!

Certes, il fait moche, les gens parlent néerlandais, mais la journée promet d’être bonne : The National et R.E.M nous attendent. A partir de là, c’est une déferlante de bonnes choses qui s’abat sur nous, avec, pour ne citer qu’eux Neil Young, Editors, The Hives, Radiohead, Patrick Watson, Ben Harper, Sigur Ros, The Raconteurs, Kaiser Chiefs.. Quatre jours hors du temps à chanter, hurler, sauter, rêver, découvrir, planer. A la fin, je voulais épouser à peu près tout le monde, surtout Jack White, Tom Smith et Pelle Almqvist (”Papa, Maman, je vous présente mon nouveau fiancé, il s’appelle Pelle”).
Bref, que du bonheur.
Sur le tas, il y a certes eu des déceptions, en particulier le groupe belge dEUS que j’avais beaucoup aimé en studio et qui a fait un concert sans forme, avec en prime un son brouillon. J’attendais beaucoup aussi de Lenny Kravitz, qui nous a régalé avec son accent ricain -le désormais culte “Baby, I don’t know the name, but this song is for you”- , ses dandinements et ses grimaces, mais pas avec sa musique.
Au rang des rigolades annoncées se trouvent aussi Mika (à moitié à poil et lançant des confettis oO) et Nightwish et sa chanteuse gothic-teenage. On attendait Babyshambles mais Doherty, sûrement dans un état lamentable, a fait annulé une heure avant, tant pis pour lui.

Une fois le festival terminé, nous nous mettons en quête d’un camping, où nous ne resterons au final qu’une nuit car au matin notre tente est complètement inondée (on avait perdu les piquets, il est vrai..). C’est donc après un détour par Paris en compagnie de Ségolène que nous rentrons dans la Drôme, bien contents de notre périple, mais aussi de retrouver un bon lit et un toit.

Continue reading