C’est en écoutant Jean Ferrat que je me suis souvenue que je n’avais pas encore parlé de mon activité lucrative estivale - cherchez le rapport.
Tous les ans, je travaille un peu l’été pour gagner ma maigre pitance et élever mes quatre enfants. OK, pour me payer à boire au bar et des BD’s.
Cet été j’ai été pistonnée embauchée pour travailler chez Leclerc en tant que… que quoi au juste ? Mise en rayonneuse ? Sur mon CV, j’ai écrit :
“Transport et installation des marchandises en rayon, rangement, conditionnement, étiquetage”
Cela vous semble dérisoire ? Non point! Sachez que j’étais responsable d’un rayon très très important: le rayon ménager! Vous pouvez y trouver moult produits utiles : poêles, assiettes, sacs-poubelle, cloches à fromage, tapettes à mouches… (mais pas les couverts en plastique, c’est pas mon rayon, c’est juste derrière)
Ce qui frappe tout d’abord c’est l’immensité du stock d’un magasin comme celui-ci. Rien que le stock du rayon dont je m’occupais, qui est loin d’être le plus intense, occupait un espace absolument aberrant : des palettes et des palettes sur 8m de haut et peut-être 30m de large, des deux côtés de l’allée. Je vous dis pas pour s’y retrouver. Donc inutile de demander qu’on aille vous chercher une tringle à rideau ou un paquet d’allumettes en réserve, la réponse sera toujours ferme et sans appel : “NON”.
Pourquoi tant de stock? Me suis-je demandée. Et bien, la réponse est simple : par flemme d’évacuer les vieux objets. Du coup, ils stockent, stockent, stockent… Jusqu’à ce que, vraiment, on ne puisse plus, même avec des ressources d’inventivité et d’esprit pratique jusqu’alors non-décelées, poser le moindre objet sur ces fichues palettes. C’est alors qu’on reçoit un charmant coup de téléphone de la Haute Direction (signez-vous) nous signifiant qu’il faut évacuer telle ou telle palette. Par évacuer, entendez “détruire sciemment les objets à jeter pour que personne et surtout pas les employés aillent les récupérer dans les poubelles”. Du coup, on passe une heure à jeter des assiettes, des verres et pleins d’objets utiles jusqu’à extinction totale de la race. A la question “et ça serait pas plus simple de mettre tout ça dans des cartons et de les déposer derrière pour qu’une assos vienne les récupérer pour les donner ?”, la réponse est invariablement “si, mais on a pas le droit”. La belle affaire. Je vous assure que ça fait mal au bide de casser tout ça.
La suite au prochaine numéro. Et écoutez ça :
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18/11/2008 at 21:36 Permalink
grr oui ça doit être comme pour les employés de macdo qui sont obligés de jetter la bouffe tous les quarts d’heure sous prétexte qu’elle est devenue un peu tiède. C’est aberrant. Le monde dans lequel on vit ne tourne définitivement pas rond.