[Vending machine fail]

C’était à la gare de Gyères, avec Malie on a voulu prendre des m&m’s au distributeur pour grignoter sur la route. Et là fail, (cf http://failblog.org/), le paquet ne tombe pas.
Pour voir, on a appelé le numéro indiqué sur le distributeur. La société nous a dit qu’elle allait nous envoyer un chèque de remboursement, sans vérifier qu’on disait vrai.
Donc, si certains sont intéressés par une fraude au distributeur….

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[I was given a Claddagh ring]

It’s a claddagh ring. The hands represent friendship, the crown represents loyalty… and the heart… Well, you know… Wear it with the heart pointing towards you. It means you belong to somebody.”

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[De la thorie de l'échec, et autres fantaisies]

Une histoire que ma famille aime à raconter est la suivante : j’étais petite (peut-être deux ans), dans la maison de campagne de mes grand-parents. Il était de coutume que ma mère me mette mon bavoir avant de manger, et personne d’autre. Un jour ma grand-mère a rompu l’habitude et m’a mis elle-même le bavoir. J’ai pleuré et demandé que “maman le fasse”. Elle a refusé, évidemment. J’ai insisté, pas plus de succès. Alors je me suis levée, suis allée dans la pièce mitoyenne et me suis tapée la tête contre le mur, sans rien dire. Quand j’ai cessé, mon front saignait.
Je n’en rappelle pas mais il semblerait que c’était assez impressionnant.  Mon premier échec, sûrement.

Ce qui est important dans cette histoire, je pense, est la portée de l’échec. Naturellement aujourd’hui, il me semble dérisoire, mais il ne l’était sûrement pas à l’époque, d’où la réaction plutôt violente.
Cette violence, elle n’est plus extérieure désormais, mais je la ressens toujours, à chaque échec, même mineur. C’est quelque chose en moi d’irrépressible.

Je crois que le problème est que je n’ai jamais vraiment rencontré que vrai échec. J’ai toujours réussi à l’école, en amitié, et maintenant en amour. J’ai eu le permis du premier coup. J’ai raté science po, parce que je savais que je n’y arriverai pas, alors j’ai rendu feuille blanche pour me dédouaner. Maintenant je peux dire que j’aurais très bien pu l’avoir. Échec contourné.

Sans doute mes parents ont-ils trop bien joué leur rôle de pare-vent en empêchant dès leur source l’origine de mes potentiels échecs. Maintenant, je ne supporte pas l’échec. Sous aucune forme. Je me rends malade pour des résultats de partiels dont je me fiche éperdument, je pourris la soirée des autres en boudant quand je perds à un jeu et j’assimile toutes les attitudes négatives des autres comme un échec de ma part.

Un jour, il faudra que je me mette tout ça au clair.


Mister Blue.

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[Faut bien un programme entre les pubs!]

Quand j’écoute au primaire j’aimais déjà beaucoup la radio. Tous les soirs j’écoutais la radio libre de Max sur FunRadio. Je pensais à lui comme à un grand frère, que je n’ai pas, évidemment. Le niveau intellectuel était absolument abyssal mais j’aimais cette petite voix qui racontait des histoires de “grands”. Elle parlait de petits amis, de fêtes et même .. de sexe! Et oui, même du truc le plus dingue et le plus interdit quand on a 11 ans.  J’y ai appris à peu prêt tout ce que je sais pas à ce sujet (en parlant théorie..)

C’est après que je suis passée à Europe1, qui est ma maison depuis. C’est bête, mais c’est extrêmement rassurant de savoir que quelle que soit l’heure à laquelle l’allume le poste j’entendrais une voix familière.
Je déteste passer une journée sans lien avec eux & l’actualité du monde. Je me sens toute seule. Des fois je réalise que j’ai raté pleins de choses et je panique.
C’est un addiction considérable et souvent inutile. Parfois j’écoute le sport juste pour écouter quelque chose.

Mais depuis quelques temps, surtout depuis la rentrée de septembre, je me rends compte d’à quel poin le contenu de ce dont je m’abreuve est superficiel, voire totalement vide.

Le matin, bien forcée par le changement de la grille, je me réveille avec l‘actu de Marc-Olivier Fogiel. “M. X est mort brûlé dans son appartement, Sarkozy a mangé une pomme, 234 morts dans un attentat suicide à Gaza-ville, c’est l’anniversaire de ma sœur”.
Où est l’info ici ? Je l’avoue, je garde une tendresse pour Jean-Pierre Elkabbach (”M. Fillon, répondez!!”) et pour Nicolas Canteloup qui continue à me faire mourir de rire à 8h40. Au delà de ça, qu’apprends-je ? Du factuel, et
encore. Si je vais à l’école de journalisme, j’espère qu’on m’apprendra à faire la part des choses entre ce qui est intéressant et ce qui est malsain.

Et la suite, Drucker et sa complaisance, Morandini & Bollaert et leur médiocrité. J’aimais Ruquier, mais c’est en définitif,  peu de contenu, un humour vaseux et des coupures incessantes.
Le soir c’est Marie Drucker, consacrant ma pire phobie radiophonique : l’intervention des auditeurs. Ou comment faire une émission en assemblant de manière indigeste un ramassis de ce que je n’oserais appeler des avis, tant ils frôlent l’absurde.
Et ajoutons à tout cela une pub omniprésente et infantile, des morceaux de musique qui n’en portent que le titre, de la fausse info et de l’auto-satisfaction, et cela dresse un assez bon tableau de l’ensemble.

Aujourd’hui, je fais ma crise d’adolescence hertzienne, je claque la porte de la maison, et sans regrets.
Si une onde bienfaisante voulait se faire connaître, ce serait avec plaisir. Je me donne une semaine avec de re-craquer.

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[No title]

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Bon c’est totalement sans intérêt, mais c’est rigolo à faire, et surtout parfois ça tombe juste.
Je suis sciée par le coup du “please please please let me get what I want” \o/

RULES:
1. Put Your iTunes/Windows Media Player/ETC on Shuffle.
2. For each question, press the next button to get your answer.
3. YOU MUST WRITE THAT SONG NAME DOWN NO MATTER HOW SILLY IT SOUNDS.
4. Put any comments in brackets after the song name.
5. Put this on your journal.

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1) If someone says, “Is this okay?” you say:
”Like A Virgin” Marilyn Manson- Madonna cover

2) How would you describe yourself?
”Homme Sweet Homme” Zazie

3) What do you like in a girl/guy?
”Bleeding the orchid” The Smashing Pumpkins

4) How do you feel today?
”What I miss about you” Katie Melua

5) What is your life’s purpose?
”J’aime j’aime pas” Zazie

6) What is your motto?
”Fuite de fantaisie” Marcel & son Orchestre

7) What do your friends think of you?
”Pas si simple” Yann Tiersen

8 ) What do you think of your parents?
”Le brio” Big Soul

9) What do you think about very often?
”Uno” Muse

10) What is 2+2?
”I don’t wanna miss a thing” Aerosmith

11) What do you think of your best friend?
”Nous n’avons fait que fuir” Noir Désir

12) What do you think of the person you like?
”Ciao bella” Rose

13) What is your life story?
”Ainsi sois-je” Mylène Farmer

14) What do you want to do when you grow up?
”Le tunnel d’or” Aaron

15) What do you think of when you see the person you like?
”Le fleuve” Noir Désir

16) What will you dance to at your wedding?
”Supermoves” Overseer

17) What will they play at your funeral?
”It’s just too much” The Velvet Underground

18) What is your hobby/interest?
“All the same” Sick Puppies

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19) What is your biggest fear?
”Anthrax” Kimya Dawson

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20) What is your biggest secret?
”I’m in love” Moby

21) What do you think of your friends?
”Dishes” Yann Tiersen

22) What song would you play during your first time having sex?
”Please please please let me get what i want” Muse

23) What will you post this as?
”Come on now” El Presidente

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[Ils s'embrassent au mois de janvier car une nouvelle année commence]

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Il y avait deux anciens blogs que j’avais tenu ces dernières années qui traînaient. Je les ai supprimés, ce n’est plus du tout moi. J’en ai profité pour relire certaines choses - à mon grand désarroi le plus souvent. Mais il y a un texte que je trouve encore amusant, et dont j’aimerais qu’il soit quelque part.

“Les murs”

Le concept de murs m’a toujours beaucoup interpellé.

Quel est le pouvoir du mur, au sens premier du terme ? Pourquoi les Hommes construisent-ils des murs ? L’ex mur de Berlin en tant que tel me sidère dans le sens où un édifice on ne peut plus physique est sensé séparer un même peuple entre deux causes opposées, et dont totalement spirituelles ou du moins idéologiques.

Le mur a une force symbolique hors norme. Une pièce qu’on sépare avec un simple drap devient alors deux pièces.

De même si l’on s’impose une barrière mentale, le cerveau devient-il deux cerveaux ? Peut-on isoler volontairement une partie de notre esprit ? Et la retrouver plus tard, mûri, pour la “remettre à jour” en quelque sorte ?

Il y a beaucoup de murs différents. Entre peuples, le mur est évident mais même entre membres d’une même communauté, voire d’une même famille. Rien que de s’interdire de dire certaines choses à ses amis forme un mur indiscutable. En tout cas c’est ce que je ressens autour de moi. Un immense mur. Bien sûr, il arrive souvent que le mur tombe mais il reste indiscutablement là et parfois, j’ai beau taper de toutes mes forces pour le faire céder, la seule solution reste à s’adosser contre et attendre. Et quand quelqu’un vient m’y rejoindre de force.

Je parle très peu à mes parents depuis quelque temps, ce qui est une des raisons de ma fixation sur les murs. Est-ce un mur générationnel, d’intentions, de points communs qui nous sépare ? Peut-être que lorsque je l’aurais compris, les choses s’arrangeront entre nous. Ou pas.

Il y a aussi le mur comme zone d’expression. J’adorerais disposer d’une pièce entièrement blanche, de quelques seaux de peinture, et pour mission la redécoration du lieu selon mes lubies (je rêve aussi de transformer pragmatiquement mes lubies en principes, mais je m’égare…).

La petite phrase assassine sur un coin de mur a beaucoup plus d’impact que le long discours.

Le mur de la chambre des ados peut se montrer très révélateur. J’ai eu ma période tapissage intégral de posters. Évidemment, on en revient.

Quand j’étais petite, derrière ma maison, se trouvait dans un mur, un petit recoin pour ranger des bûches. Je m’y cachais souvent avec un “grand” (il devait bien avoir 6 ans!) et on avait l’impression de faire les actes les plus sexuellement répréhensibles possibles. Je crois qu’il s’appelait Julien. Tout ça pour dire que je veux un mur pour me cacher si j’ai une maison à moi un jour.

Le mur peut se montrer extrêmement protecteur aussi. Dans la maison de campagne de mes grand-parents, les murs sont très épais, tout en pierre de taille, et depuis toujours, il peut arriver n’importe quoi dehors, je sens qu’il ne peut rien m’arriver.

Une fois j’ai détruis un mur. J’avais un marteau et j’ai abattu le mur d’un cabanon dans mon jardin. Bon, j’avoue c’était plutôt une cloison, mais tout de même. Le sentiment qu’on ressent à abattre un mur est assez indescriptible. C’est un mélange subtil de libération et plaisir.

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[A défaut d'être, il faut paraître (II)]

En fait, j’ai honte à le dire, mais je me suis bien amusée à travailler dans ce supermarché. Comme mon rayon est petit et pas du tout dans ceux qui tournent le mieux (vous achetez souvent des faitouts ?), on était que deux à y travailler, un du matin et un de l’aprem. Du coup j’étais toute seule pour gérer cette merveille de bon sens dans le rangement. Je possédais donc l’objet ultime : le téléphone du rayon. Au début, je trouvais que c’était vraiment la classe et je ne manquais jamais de l’exhiber devant les pauvres malheureux de la papeterie, dépourvus du génial appareil. Cependant, il m’est vite apparu que cet engin est le DIABLE.

Tout d’abord, il a peu ou prou l’envergure d’une cabine téléphonique - dites-vous qu’il faut le porter à la taille. Avec le t-shirt bleu Leclerc taillé pour les garçons, c’est merveilleusement saillant.
Ensuite, quand il sonne, c’est toujours une mauvaise nouvelle. Si le numéro est à 3 chiffres, c’est un appel interne qui peut signifier deux choses : une caissière est en perdition et il faut vite vite vite que vous galopiez chercher le code manquant du produit (on dit ”gencode” quand on s’y connait), et ce même si vous vous trouvez au fin fond de la réserve-ou alors un client est à l’accueil et veut absolument vous consulter quand à la qualité des cocotes minutes. Ou alors n’importe quoi émanant de plus haut, comme “vide-moi tel rayon ça encombre” (vous êtes seul et ça vous prend trois heures).

ou s’il est composé de 10 chiffres comme tout un chacun, il s’agit d’un appel externe et il faut alors dire de sa plus belle voix ”Delphine, rayon ménager, bonjouuur”. Le plus souvent, il faut inventer une solution au problème exposé. Exemple : ”j’ai laissé mon bouchon de cocotte minute sur une plaque allumée, il a fondu, puis-je le faire réparé ? - mais bien sûr Madame, apportez-le à l’accueil, on fera suivre au constructeur !”
Fou rires intérieurs sont alors fréquents. Une fois il y a un fabricant qui m’a appelé pour me demander s’il nous restait ”de ces magnifiques chandeliers en verre”. J’ai bafouillé quelque chose de conciliant et j’ai raccroché. Ledit magnifique chandelier étant un minuscule truc transparent avec des fleurs du pire goût, jamais vendu. J’ai mis du temps à m’en remettre.

Et puis comme j’ai une tête de jeune ingénue, les gens étaient gentils avec moi la majorité du temps. Parfois il y en a qui ont le don de remonter le moral pour plusieurs heures. Une dame m’avait demandé de lui descendre une cage placée sur le haut d’un rayon. J’ai attrapé un escabeau et descendu la cage, ce qui m’a demandé un effort absolument intense, et de 30 secondes. Et bien elle a déclaré que j’étais ‘’son sauveur” et que j’étais ”adorable”.
Après ça, on peut essuyer au moins 15 personnes imbuvables à la suite. Des monsieurs “les sacs-poubelle?” et des dames ”y’a pu de gilet jaune, allez en chercher immédiatement”. On peut répéter 30 fois ”excusez-moi, je ne suis pas responsable de ce rayon” avec le sourire et indiquer 40 objets sans soupirer.
Au final, ça se termine toujours par une haine de ces clients qui ont l’outrecuidance de vous adresser la parole une fois encore, mais parfois, un peu d’humanité au milieu de ce déchaînement de pragmatisme, ça fait du bien.

La nuit, Grenoble est flou

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[Haven't had a dream in a long time]

Il est 19h30, et je sors de trois heures de commentaire d’arrêt en droit administratif. Rien que de très banal pour l’étudiante en droit que je m’efforce de rester.
Pourtant quelque chose dans ma tête a glissé. J’ai les mains qui tremblent, de la fièvre, une migraine et la nausée.

Tous les jours c’est la même angoisse, le travail jusqu’à très tard (ou très tôt, histoire de point de vue), et des résultats bien minces, voire ténus.

Bref, il est déjà tard, il fait nuit.. Ca ira mieux demain, comme d’habitude.

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[A défaut d'être, il faut paraître]

C’est en écoutant Jean Ferrat que je me suis souvenue que je n’avais pas encore parlé de mon activité lucrative estivale - cherchez le rapport.

Tous les ans, je travaille un peu l’été pour gagner ma maigre pitance et élever mes quatre enfants. OK, pour me payer à boire au bar et des BD’s.

Cet été j’ai été pistonnée embauchée pour travailler chez Leclerc en tant que… que quoi au juste ? Mise en rayonneuse ? Sur mon CV, j’ai écrit :

“Transport et installation des marchandises en rayon, rangement, conditionnement, étiquetage”

Cela vous semble dérisoire ? Non point! Sachez que j’étais responsable d’un rayon très très important: le rayon ménager! Vous pouvez y trouver moult produits utiles : poêles, assiettes, sacs-poubelle, cloches à fromage, tapettes à mouches… (mais pas les couverts en plastique, c’est pas mon rayon, c’est juste derrière)

Ce qui frappe tout d’abord c’est l’immensité du stock d’un magasin comme celui-ci. Rien que le stock du rayon dont je m’occupais, qui est loin d’être le plus intense, occupait un espace absolument aberrant : des palettes et des palettes sur 8m de haut et peut-être 30m de large, des deux côtés de l’allée. Je vous dis pas pour s’y retrouver. Donc inutile de demander qu’on aille vous chercher une tringle à rideau ou un paquet d’allumettes en réserve, la réponse sera toujours ferme et sans appel : “NON”.

Pourquoi tant de stock? Me suis-je demandée. Et bien, la réponse est simple : par flemme d’évacuer les vieux objets. Du coup, ils stockent, stockent, stockent… Jusqu’à ce que, vraiment, on ne puisse plus, même avec des ressources d’inventivité et d’esprit pratique jusqu’alors non-décelées, poser le moindre objet sur ces fichues palettes. C’est alors qu’on reçoit un charmant coup de téléphone de la Haute Direction (signez-vous) nous signifiant qu’il faut évacuer telle ou telle palette. Par évacuer, entendez “détruire sciemment les objets à jeter pour que personne et surtout pas les employés aillent les récupérer dans les poubelles”. Du coup, on passe une heure à jeter des assiettes, des verres et pleins d’objets utiles jusqu’à extinction totale de la race. A la question “et ça serait pas plus simple de mettre tout ça dans des cartons et de les déposer derrière pour qu’une assos vienne les récupérer pour les donner ?”, la réponse est invariablement “si, mais on a pas le droit”. La belle affaire. Je vous assure que ça fait mal au bide de casser tout ça.

La suite au prochaine numéro. Et écoutez ça :

Dingue - Jean Ferrat

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[o/]

L’année dernière, j’avais cherché sur Google voir si un parti national-socialiste français existait. Je l’avoue, j’ai un faible pour les blagues à caractère racistes/antisémites. Mais cela n’est drôle que parce que je suis tout à fait convaincue du dixième degrés desdites blagues et que je sais très bien ce que je pense à ce sujet. Apparemment, ce n’est pas le cas de tout le monde.
Visitez plutôt : http://www.phenix.mnsf.info/.

C’est pas des rigolos (même s’ils ne montrent pas leurs visages et écrivent sous pseudos, voila qui est courageux). A vrai dire, ce qui m’a le plus heurté n’est pas le fait même de l’existence de ce groupe, mais plutôt ma conscience naïve du fait que ce qui est interdit n’existe pas.
Régalons-nous maintenant de leurs charmants clichés (personnellement, j’ai très envie de participer à une petite réunion de ce type - j’aimerais être sûre que ça existe vraiment).

Tous autour du feu et on joue de la guitare : D C’est sympathique, n’est-ce pas ?
Ils sont aussi les auteurs d’actions percutantes - j’admets : j’ai ri

Je les imagine bien de nuit avec des lampes-torches et des cagoules noires, pour faire une pauvre tag sur un mur en briques. En fait, j’ai ri, mais il n’y a pas lieu, c’est alarmant. Je pensais que malgré les défaillances éducatives que l’on connait, on sortait de l’école minimum avec assez de bagages intellectuels pour être tout à fait incapable de penser comme ils le font. Eh bien, non.

Je vous épargne les petits stickers collés sur les affiches des municipales et les croix gammées tracées à la craie par terre. Je ne peux cependant pas résister au plaisir de cette photo :

En progressant un peu sur le site, on trouve un forum. Les propos tenus sont absolument hors du temps.
Vous pouvez aussi lire les chouettes articles rédigés avec tact. “Être National-Socialiste, c’est viser l’excellence sans jamais tomber dans la médiocrité.”; “En rejoignant PHÉNIX et en militant pour le MNSF vous ne perdrez rien de votre identité de NSSH. Par contre, vous deviendrez de vrais SA, tout comme ceux qui ont permis autrefois à notre Führer bien-aimé d’accéder au pouvoir”;

Et ainsi de suite, on peut en lire jusqu’à en vomir.

Je me demande qui sont ces gens. Ils disent être partout, des gens éduqués, aux métiers “respectables”. J’espère qu’ils ne sont qu’une poignée d’illettrés, mais qui sait ? J’ai peur qu’il ne s’agisse pas uniquement d’une révolte adolescente - comment être plus en opposition que cela ? Il ne parait compréhensible pour un gamin de 14 ans, sans vraiment de cadre, avec envie de révolte, de tenir ce genre de propos. C’est pardonnable car non-réfléchi. Dans sa bouche ce ne serait que des mots flashs pour faire peur, pour la provoque, pour se faire remarquer. Pas des mots avec un fond, une signification, des revendications. Ici, on se trouve face à un discours qui parait pensé, digéré. Le français est correct, le niveau de langage pas ridicule. Et c’est le plus effrayant. J’aurais aimé ne pouvoir qu’en rire, me moquer de leur pauvreté d’esprit et les plaindre. Je crains que ça ne soit plus sérieux que cela.

(Chantons tous en coeur ! : “L’ho-lo-causte est un mythe! Aime ta race!”)

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