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Il y avait deux anciens blogs que j’avais tenu ces dernières années qui traînaient. Je les ai supprimés, ce n’est plus du tout moi. J’en ai profité pour relire certaines choses - à mon grand désarroi le plus souvent. Mais il y a un texte que je trouve encore amusant, et dont j’aimerais qu’il soit quelque part.
“Les murs”
Le concept de murs m’a toujours beaucoup interpellé.
Quel est le pouvoir du mur, au sens premier du terme ? Pourquoi les Hommes construisent-ils des murs ? L’ex mur de Berlin en tant que tel me sidère dans le sens où un édifice on ne peut plus physique est sensé séparer un même peuple entre deux causes opposées, et dont totalement spirituelles ou du moins idéologiques.
Le mur a une force symbolique hors norme. Une pièce qu’on sépare avec un simple drap devient alors deux pièces.
De même si l’on s’impose une barrière mentale, le cerveau devient-il deux cerveaux ? Peut-on isoler volontairement une partie de notre esprit ? Et la retrouver plus tard, mûri, pour la “remettre à jour” en quelque sorte ?
Il y a beaucoup de murs différents. Entre peuples, le mur est évident mais même entre membres d’une même communauté, voire d’une même famille. Rien que de s’interdire de dire certaines choses à ses amis forme un mur indiscutable. En tout cas c’est ce que je ressens autour de moi. Un immense mur. Bien sûr, il arrive souvent que le mur tombe mais il reste indiscutablement là et parfois, j’ai beau taper de toutes mes forces pour le faire céder, la seule solution reste à s’adosser contre et attendre. Et quand quelqu’un vient m’y rejoindre de force.
Je parle très peu à mes parents depuis quelque temps, ce qui est une des raisons de ma fixation sur les murs. Est-ce un mur générationnel, d’intentions, de points communs qui nous sépare ? Peut-être que lorsque je l’aurais compris, les choses s’arrangeront entre nous. Ou pas.
Il y a aussi le mur comme zone d’expression. J’adorerais disposer d’une pièce entièrement blanche, de quelques seaux de peinture, et pour mission la redécoration du lieu selon mes lubies (je rêve aussi de transformer pragmatiquement mes lubies en principes, mais je m’égare…).
La petite phrase assassine sur un coin de mur a beaucoup plus d’impact que le long discours.
Le mur de la chambre des ados peut se montrer très révélateur. J’ai eu ma période tapissage intégral de posters. Évidemment, on en revient.
Quand j’étais petite, derrière ma maison, se trouvait dans un mur, un petit recoin pour ranger des bûches. Je m’y cachais souvent avec un “grand” (il devait bien avoir 6 ans!) et on avait l’impression de faire les actes les plus sexuellement répréhensibles possibles. Je crois qu’il s’appelait Julien. Tout ça pour dire que je veux un mur pour me cacher si j’ai une maison à moi un jour.
Le mur peut se montrer extrêmement protecteur aussi. Dans la maison de campagne de mes grand-parents, les murs sont très épais, tout en pierre de taille, et depuis toujours, il peut arriver n’importe quoi dehors, je sens qu’il ne peut rien m’arriver.
Une fois j’ai détruis un mur. J’avais un marteau et j’ai abattu le mur d’un cabanon dans mon jardin. Bon, j’avoue c’était plutôt une cloison, mais tout de même. Le sentiment qu’on ressent à abattre un mur est assez indescriptible. C’est un mélange subtil de libération et plaisir.
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